Je vois ce sandwich partout en ce moment, dans toutes les cantines veggie-vegan: pain toasté + betterave rouge cuite al dente + fromage de chèvre frais + roquette + fleur de sel + poivre. J’en ai goûté une version à la feta au Tuck Shop et je le refais en boucle à la maison, avec un chouia d’huile de noisette en plus. C’est mon sandwich du printemps.
Quand Madame Watanabe, la plus célèbre manucure de Tokyo, installe un bar à ongles dans un magasin de bricolage parisien, ça donne des carrelage RATP, des tabourets d’ateliers culinaires, des shots d’huiles essentielles dans l’air, des bains d’huile bio Uka, des outils très nippons comme ces limes en verre de maniaque et toutes les couleurs gelati des vernis écolos Kure Bazaar…Bon, j’y vais là. Rez-de-chaussée du BHV, 52 rue de Rivoli, Paris 4e.
source images: http://pinterest.com/martinekurz/
METTRE DU VERT, PLANTER DES GRAINES, REMERCIER LA NATURE.
© martine kurz
Chez Loustic, ça sent le très bon café et on peut lire le magazine Muze…Mais si on n’y comprend rien, on peut simplement regarder le plafond ou compter les carreaux en ciment, avec la promesse d’un cheesecake un peu plus tard. 40 rue chapon, paris 3e.
© martine kurz
Au Tuck Shop, Stella, Anna et Rain servent des verres de LSD (un thé de pissenlit, lait de soja, cannelle et gingembre) et des tartines de houmous de betterave, feta et menthe. Les pichets en verre sont imprimés d’oiseaux et il y a des miettes sur les tables en bois. Elle sont australiennes, généreuses et souriantes, ça donne de l’appétit. 13 rue julien sampaix, paris 10e.
2013, Marseille capitale européenne de la culture, ça me parle, oui, oui mais bon. Moi, ça me donne surtout des envies de rien de compliqué. Que des trucs époque Pagnol, une bouillabaisse sur le port, le chemin des calanques sous le cagnard avec le pique-nique, dis, pppfff on arrive ou quoi ?, l’odeur enfantine du gros cube de savon dans la buanderie d’Emilie, le chant chavirant des cigales pendant les grandes vacances, les navettes à la fleur d’oranger à la boulangerie de la rue Sainte…Rien que de la douceur, zéro arêtes. Savon Compagnie de Provence, design Stephan Muntaner, en vente sur www.compagniedeprovence.com et chez Merci, Paris 11e.
En bons gars du nord, les gentlemen de la boîte de tattoos éphémères Bernard for Ever espèrent nous coller sur le dos des trucs comme “Tribal Maroilles” ou “Born to be à l’ail”…Mais ils savent aussi faire du cintre très catwalk, de l’étoile choupinette, de l’ancre de marine qui tangue ou du message hipster style “Pouet!”…à se coller sur le poignet. Bernard, tu me fais trop rire ! www.bernardforever.fr
© martine kurz
LE VASE INDIEN
Depuis le temps, je n’achète plus rien, quelques bracelets en verre tout au plus. Mais rien ne me ferait revenir sans un pot en métal. Un en plus. Encore un. J’y met des roses, souvent blanches, souvent fanées. Celui-ci a son histoire, des fragments scintillants comme les petits miroirs des jupes rajasthanis: trois vélos contre un mur, une kermesse indienne à la campagne, des colliers autour du poignet, 100 roupies, des bonbons à la fraise, des ongles orange fluo, zut c’est pas possible, des épluche-légumes, le bout d’une gold flakes qui crépite dans le soir, des pakoras d’oignons, le vent sur la plage, un oreiller blanc, une guirlande de fleurs roulée, un oiseau qui ronronne…Ce vase est un poème.
© martine kurz
RETOUR d’INDE
Chaque année, c’est la même chose. S’endormir pendant 35 jours avec les vagues indiennes et juste ça, ça laisse des traces…Des envies de genoux écorchés sur les rochers, de poches trouées par les coquillages, de Mary Gold qui sèchent au vent, de cheveux emmêlés par le sable, d’étoiles de mer sur le balcon, de massala qui pique le ventre et de bouche fendillée par le sel. India, india, india…je ne cesse de répéter ton nom, comme un mantra qui me ramènera.



